L’architecture est d’intérêt public.

Chaque projet d’un nouvel édifice, d’un aménagement urbain ou même d’un aménagement intérieur est unique. Le projet d’architecture n’entre jamais réellement dans des logiques de standardisation, il s’agit toujours d’un cas particulier et l’objet construit n’est jamais qu’un prototype qui transforme durablement les spécificités du lieu dans lequel il s’implante.

Avant le projet, un lieu relève de logiques territoriales qui lui sont propres et que n’importe quelle intervention construite bouleversera inévitablement.

Faire du projet c’est toujours commencer par déséquilibrer ces logiques pour proposer un nouvel équilibre capable de mettre en lien les nouveaux besoins que l’évolution de notre société et plus généralement de l’installation de l’homme sur terre nous imposent (usages, techniques, normes, environnent, etc…) avec les spécificités d’un lieu (son histoire, ses caractéristiques physiques, géologiques, son climat, sa morphologie, son économie, sa sociologie, etc…)

Seule la convergence des intérêts, souvent divergents, des différents acteurs du territoire peut aboutir à ce nouvel équilibre. C’est ce qui fait d’une opération de construction ou d’aménagement une véritable aventure humaine où maître d’ouvrage, architecte, paysagiste, bureaux d’étude d’ingénierie, service d’urbanisme, entreprises, banquiers, assureurs, etc… doivent travailler de concert autour d’un objectif commun.

Dans cette aventure humaine, le rôle de l’architecte ne se limite pas à la seule compétence technique de « savoir construire pour concevoir, prescrire puis diriger la construction d’un projet ». Il est aussi et surtout garant de la forme que prendra le nouvel équilibre apporté par le projet. En d’autres termes, il a la responsabilité des espaces et de toutes les conséquences qu’ils auront sur la perception des hommes et des femmes qui auront à les pratiquer de près ou de loin un projet,

C’est ce qui fait que la forme est d’intérêt public, car in fine, c’est la seule chose qui reste visible d’un projet et qui l’inscrira ou pas dans son époque.

Ce travail de l’architecte n’entre jamais réellement dans une ligne comptable d’une opération, il est noyé dans le « savoir construire ». Cependant, il est indispensable pour proposer de véritables espaces dans lesquels les habitants pourront s’épanouir.

L’atelier tmv est donc engagé à défendre cette question de la forme, véritable valeur ajoutée à une nouvelle construction qui répondrait stricto sensu à un programme. La forme doit être une synthèse des actions des différents acteurs au service des habitants.

Pour ce faire il faut d’abord avoir conscience de ce sûr quoi on construit.

Construire c’est transformer un territoire pour que l’homme puisse l’habiter et notamment s’y abriter. En d’autres termes, il s’agit de transformer un état de nature en état de culture. Mais à notre époque, la plupart des territoires ont croisé la main de l’homme, la culture est partout. Construire c’est toujours transformer notre culture.
Or, il ne peut y avoir transformation sans démolition de tout ou partie d’un état initial. Il y a toujours quelque chose à démolir et l’architecte doit en avoir conscience pour initier de nouveaux rapports entre ce qui est déjà là et ce qui sera là.

A chaque projet, c’est une partie de notre culture qui semble s’effacer et laisser place à une nouvelle réalité. Construire est donc un acte grave qui demande de faire des choix, de donner une valeur aux choses préexistantes pour être en mesure d’arbitrer avec les autres acteurs du projet sur ce qu’il tient lieu de démolir ou de conserver.

L’architecte démolit en conscience, il décompose une réalité construite passée pour la recomposer au présent.

Pour chaque opération, il y a un site et donc un projet particulier.

L’atelier répond toujours scrupuleusement au programme et aux contingences liées aux multiples normes et règlementations qui s’appliquent à la construction aujourd’hui. Mais, par l’architecture, nous proposons toujours d’apporter une réponse supplémentaire, ce quelque chose qui donnera un sens nouveau aux espaces tout en gardant un lien avec le territoire pour les usagers et tous ceux qui auront à voir de près ou de loin avec le projet construit.

L’exercice de projet d’architecture revient à contextualiser les contraintes et apporter des réponses architecturales viables.

De manière plus précise, nous nous attachons toujours à donner du sens :
À l’insertion urbaine des édifices que nous projetons. Quelque soit le programme, tout édifice à une présence dans l’espace public. La résolution architecturale doit avoir un rapport avec la fonction pour lequel l’édifice est construit.
Au traitement des ambiances intérieures. L’architecture produit aussi des espaces intérieurs qui doivent être fonctionnels et agréables à vivre. Ce qui demande un travail fin sur la distribution des pièces, leur éclairage naturel, leur ventilation et les possibles relation visuelles qui peuvent se mettre en place entre un intérieur et les qualité d’un site.
À l’évolution des usages. Le choix de la typologie d’un plan et de sa structure doit être pris en lien avec les usages et leurs possible évolution. A l’heure de la révolution numérique, les modes de vie et de travail sont en perpétuelle évolution : les formes restent mais les usages mutent.
A l’emploie des matériaux pérenne. Il s’agit de s’attacher à mettre en perspective la pérennité des matériaux avec l’incidence qu’ils peuvent avoir sur la perception de l’espace : quel sentiment renverront-ils à leurs habitants? Et puis, il faut aussi inscrire le choix des matériaux dans une réalité territoriale pour inscrire une opération au coeur d’une activité économique locale, ou un savoir faire
Aux questions environnementales à travers d’un regard critique sur le tout technologique. Il ne s’agit pas de tout réinventer mais plutôt de privilégier des dispositifs techniques adaptés à notre climat (Chauffage, ventilation, protection solaire, etc )

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